HISTOIRE       Pour revenir à la page d'accueil du site

 

 

L'occupation des rives de la Seudre est ancienne et dense. Le nombreux indices d'habitation protohistorique gauloise y ont été retrouvés, datant d'avant l'occupation romaine. Mais ce sont les traces de villas agricoles gallo-romaines qui sont les plus nombreuses. Des activités non seulement agricoles mais aussi commerciales et portuaires ont pu être mises en évidence : portion de chemin pavé bordé de fossés derrière la carrière de St Sornin au lieu dit "le bois des Putes", traces de quai à Châlons sur la commune du Gua.

Ces traces d'habitation se trouvent à proximité des anciens rivages marins (Souhe, St Martin du Gua, Artouan...), le long des routes, sur les versants ensoleillés des côteaux (La Chasse, Pépiron, Le Breuil, Hiers, Monsanson...) On les trouve aussi près de sablières où sables et argiles étaient extraits pour la fabrication des tuiles et de céramiques dont on retrouve des tessons un peu partout. Dans les sablières, des sépultures ont aussi été découvertes (Souhe, La grande Brissonnière, le Bourg de Marennes, Font Durand, le Mignonnant, La Chasse....)

La toponymie fournit du reste des enseignements très révélateurs. Des villages avec suffixe en -ac s'inscrivent sans aucun doute dans la période gallo-romaine où ils se sont développés à partir de domaines appartenant à de riches propriétaires terriens de cette époque. C'est le cas de Luzac (sur la rive gauche de la Seudre), héritière de l'ancienne Lucianum ou villa de Lucius mais aussi de Mauzac édifiée autour de l'ancienne Maletiacum, à partir du domaine de Maletius. Il en va de même pour Artouan (avec le suffixe latin -anum) qui s'est développé autour de l'ancienne Nantuanum, c'est à dire la villa de Narto, un riche propriétaire terrien du premier millénaire, ou encore de Dercie, héritière de l'antique Darciacum ou villa de Darcius.

Même avant l'époque romaine, les activités agricoles étaient très variées. En revanche, le principe du marais salant était inconnu: les Gaulois faisaient du sel en faisant bouillir l'eau de mer dans des coupelles en terre cuite et récoltaient la croûte qui s'y formait. On a trouvé des tessons de céramique brûlée dans des sites à sel à Souhe et à Artouan.

Des bassins avec cuvette de vidange, dont l'intérieur est enduit avec un mortier de tuileau pour assurer l'étanchéité ont été fouillés au Fief de Châlons et à Monsanson : on y recueillait le moût de raisin qui s'écoulait du plateau de pressage, ou peut-être fabriquait-on cette saumure de poisson appelée "garum", qu'on employait comme condiment, notamment avec les huîtres.

Le site le mieux connu est la villa de Pépiron à Mauzac ; Il a été habité de la fin de l'âge de bronze (vers 200 av.J.C.) jusqu'au IV° siècle. C'était un simple domaine agricole, composé d'une grande cour, autour de laquelle s'ordonnaient les bâtiments de ferme et la maison du maître. Celui-ci employait une main d'oeuvre abondante de paysans et d'esclaves. Des cornes, des os et des graines montrent qu'on y cultivait du blé, de l'orge, qu'on y élevait des troupeaux de boeufs, de porcs, de chèvres, de chevaux, de moutons, qu'on y chassait le cerf et le sanglier, que les chiens faisaient partie de la maison. La maison de maître, sans être aristocratique, avait pour confort une salle chauffée par hypocauste (sorte de chauffage par le sol avec de l'air chaud) et un balnéaire (petite piscine pavée de pierre) lui aussi chauffé par le sol. Le sol et les murs de la maison étaient enduits d'un béton rose fait de tuileau. Seule la base des murs est encore visible.

Dans la cour et le jardin, se trouvent deux puits : leur usage comme dépotoir a permis de mettre à jour quantité de tessons de tuiles, de céramiques communes ou sigillées (garnies de petits décors au poinçon), des outils en os, des ustensiles et bijoux en bronze, en fer, des objets décoratifs en pierre et en marbre, des monnaies... Ces objets sont exposés au musée de la Vieille Paroisse à Rochefort.

Pépiron a semble-t-il été abandonné au IV° siècle, comme les autres sites d'habitation gallo-romaine. Au temps de la grande peur des hordes de Germains, ces villas n'offraient aucune protection.

Sources bibliographiques: Histoire du Bassin de Marennes, Claudine Memin, Le Journal communautaire n°9, dec.2002

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Exemples de monnaies trouvées sur le site de Pépiron
Exemples de monnaies trouvées sur le site de Pépiron