PATRIMOINE  

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L'importance des vents dominants du Nord-Ouest et dans une moindre mesure de Sud-Ouest est sans doute à l'origine de la dense implantation de moulins à vent sur les rives de la Seudre, puisque garante de leur bon fonctionnement. Il est difficile aujourd'hui de dresser un inventaire précis du nombre de moulins qui pouvaient exister dans le passé, beaucoup ayant hélas disparu comme le moulin de Clotilde par exemple qui avait connu son heure de gloire à Souhe. Mais la toponymie est révélatrice et atteste de l'importance qu'ils ont eue: lieu dit des "Six moulins" à Marennes, des "Quatre moulins" à Luzac, etc...
Ancien moulin de Saint-Sornin dont il ne reste plus rien aujourd'hui. On aperçoit le clocher de l'Eglise St-Saturnin au fond à gauche.
 

L'âge d'or des moulins à vent, moulins fariniers par excellence, a pris fin dans la deuxième moitié du XIX° siècle, avec la concurrence des minoteries à vapeur ou plus tard électriques. Mieux organisées, ces "usines à moudre le blé" comme la minoterie à cylindres de Petit à Mauregard, près de Saujon, disposaient de courtiers qui achètaient des blés de qualité et d'agents qui drainaient la clientèle des boulangers, condamnant à l'impuissance beaucoup de meuniers traditionnels dont le chiffre d'affaire est allé toujours en s'amenuisant et qui ont dû se résoudre à abandonner la partie. La patente et l'impôt foncier qui étaient perçus sur tout moulin encore équipé de ses ailes ont parachevé cette première mort, les propriétaires démontant les mécanismes intérieurs et descendant les ailes, devenus les uns comme les autres inutiles. Il n'est bientôt plus resté que des tourelles en moellons, les "tonnelles" dont le toit conique a fini par être arraché par le vent ou détruit par les intempéries. On pouvait ainsi lire sur une carte postale du tout début du XX° siècle ces quelques vers d'un rimailleur régional "pleurant la ruine" des moulins saintongeais:

 

"Moulins à vent oléronnais,

Tournant, virant, faisant farine

Que j'ai vus si pimpants, si gais,

Et dont je pleure la ruine!

Le règne brutal du "Progrès"

Vous a remplacés par l'Usine,

Don quichotte plus ne chemine

Chargeant bravement vos agrès"

F.Mousset

  Ancien moulin de Mornac à présent disparu et dont le dernier meunier officiait encore dans les années 30. le moulin pris en photo est déjà en fort mauvais état avec  ses ailes aux verrons tordus ou manquants. Mort programmée du moulin de Mornac!
 
Moulin de Bel Air à Nieulle, sans toit, et dont il ne reste plus que la tonnelle maçonnée, printemps 2004
Fort heureusement, des initiatives privées ou associatives ont permis la restauration de certains de ces moulins, au moins en leur redonnant un toit et des ailes, comme c'est le cas à Saint Martin et à Luzac par exemple.
 
Moulin de Luzac, restauré avec en arrière plan le Moulin de la Combe qui n'a pas encore retrouvé ses ailes, printemps 2004
 
 

Même si la restauration n'est pas forcément fidèle dans bien des détails à ce que pouvait être le moulin à l'origine, en particulier en redonnant des toits fixes et non plus tournants, les grandes lignes sont là, au moins extérieurement.

Le moulin saintongeais en effet, contrairement à d'autres moulins à vent français appartenant à d'autres types, est de type moulin-tour à calotte tournante et comporte plusieurs caractéristiques typiques:

- une tonnelle cylindrique de 6 à 8 m de hauteur , à plusieurs étages, en murs épais de maçonnerie, autrefois généralement recouverte de crépi blanc.

- un toit conique , souvent surmonté au sommet d'un poinçon protecteur de tôle, et couvert généralement d'essendes (ou sendes, ou essentes), des plaquettes de bois en forme d'ardoise. Cette calotte offrait la particularité d'être tournante, reposant à l'origine sur un grand rail de bois circulaire fixé à plat au sommet de la tour maçonnée et enduit régulièrement de suif ou de savon noir; cette charpente mobile qui pouvait pivoter sur 360° permettait d'orienter les ailes face au vent.

- deux ailes en croix constituées d'une quinzaine de verrons, des lattes transversales, tenues en leur milieu par une perche maîtresse en bois, la verge. Ce peigne double des ailes recevait deux toiles de même largeur, en toile de lin ou de chanvre, qui habillait les barreaux et était plus ou moins déployée sur le lattis en fonction de la force du vent.

- un levier extérieur, le guivre, sorte de gouvernail externe descendant jusqu'à terre, opposé aux ailes et fixé à la base de la calotte. Le guivre était tiré au moyen d'un martinet, sorte de treuil mobile en bois qui pouvait être ancré de point en point sur le tertre du moulin. Un autre levier accouplé au guivre servait de levier de commande du frein d'arrêt des ailes.

A l'intérieur, au rez-de-chaussée, deux forts piliers de bois avec une traverse porteuse d'un axe vertical en fer, le petit fer de la meule tournante, renforcaient les poutres qui supportaient le premier étage où reposaient les meules. C'est aussi à l'étage inférieur que se trouvaient les blutoirs pour tamiser la farine et que se faisait la mise en sac. A l'étage, se trouvaient deux meules superposées d'1,50 m de diamètre en pierre très dure, granit ou silex. La meule du dessus ou meule tournante était actionnée par un axe de fer, le gros fer, solidaire d'une petite roue, la lanterne, entraînée par une énorme roue dentée, le rouet, portée par l'arbre de transmission des ailes. Ce dernier était légèrement incliné de 7 à 8° sur l'horizontale pour que son poids le pousse sur sa butée et assure sa stabilité. Sous la la meule tournante, se trouvait la meule fixe dite encore "dormante" ou "gisante", un système de leviers permettant le réglage en hauteur de la meul tournate pour moudre plus ou moins finement le grain. La mouture (farine et son) recueillie dans un coffre , descendait ensuite à l'étage inférieur par une goulotte.

Moulin de Saint Martin, converti aujourd'hui en résidence secondaire, printemps 2004
 
Un moulin à vent traditionnel pouvait produire 1 quintal de farine par heure. Au premier plan, lanterne ointe de suif entraînée par le rouet, énorme roue dentée que l'on aperçoit à l'arrière plan. Moulin de Jonzac, Journée nationale des Moulins, 20 juin 2004
Système Berton qui équipe bon nombre de moulins saintongeais à partir de la deuxième moitié du XIX° siècle.  A noter le croisillon qui porte "l'araignée", ensemble de leviers qui tirent et déploient les bras extensibles commandant l'ouverture des ailes.   De plus, on voit ici les essendes, tuiles de bois taillées en ardoises qui  couvrent le toit du moulin. Moulin de Jonzac, juin 2004.

En 1848, le système de l'ingénieur Berton permet de réguler l'ouverture et la fermeture des ailes depuis l'intérieur du moulin, grâce à un jeu d'engrenages. Certains moulins abandonnent l'entoilement traditionnel des ailes pour adopter cette technique nouvelle faite de lattes de bois dur, déployables plus rapidement que les anciennes toiles.

 

MOULINS A VENT EN CHARENTE MARITIME

(Renseignements : Association des Amis de Moulins 17 (ADAM17): [05 46 58 74 69]

     
MOULIN COMMUNE UTILISATION CONTACT
Le Moulin du Pâquier Champagnac

Energie solaire-Utilisation pilote

A. FLORIANT (05 46 70 05 53)
 
Chez Landard Chérac Site de 2 moulins dont 1 en ruine. C. BABINOT (05 4696 40 54)
 
Le Moulin de la Sablière Floirac Mouture avec moteur à essence des années 1927 D.,GENET (05 46 94 12 99)
 
Le Moulin de la Champagne Floirac nouvellement restauré H. TAUZIN (05 46 94 10 27)
 
Le Moulin de Cluzelet Jonzac Production de farine Office du Tourisme de Jonzac (05 46 48 49 29)
 
Le Moulin de Beauregard Marans Production de farine R. SIMONNET (05 46 01 06 75)
 
Les Moulins du Terrier deChaillot Saint-Germain de Vibrac Site de 2 moulins G. RENOUARD (05 46 70 60 18)
 
Le Moulin de Saint-Marmé Torxé Moulin et four restaurés P.BITEAU (05 46 59 70 41)